CR [CdF] Forbach 0-3 Red Star

Porthos étant indisponible pour ce coup, c’est Alexis qui s’est collé à l’écriture de cette nouvelle aventure en coupe de France. Un grand merci à lui et bonne lecture à tous.

Le déplacement à Forbach, on l’avait coché sur nos agendas dès la qualification acquise face à Noeux-les-Mines. Un vrai périple, loin de nos bases, en autocar, aucun de nous n’aurait voulu rater ça ! Malheureusement, faute de participants, l’autocar est resté au garage. Du coup, c’est dans la puissante automobile empruntée par un pote qu’on a avalé les kilomètres nous séparant du bourg Mosellan qu’on imaginait hostile.

Rendez-vous était donné à 8h30, au croisement de l’Avenue Michelet et de la rue des Rosiers. Le temps pour nous d’avaler quelques cafés, de faire le plein de munitions maltées et houblonnées, de constater que le soleil (glacial) était de la partie et en voiture Simone ! Aviators sur le nez, Swift Gadd dans les boomers et pied au plancher, le compteur kilométrique s’est d’emblée mis à tourner un peu plus vite que les recommandations de la maréchaussée l’exigent, et ce, en dépit de l’épais brouillard qui s’est subitement abattu de la Seine et Marne jusqu’à l’extrême Est du pays.
Après avoir avalé les 200 premiers kilomètres, la première pause s’impose. L’occasion pour nous de se restaurer, de changer l’eau des poissons, et, au passage, de recouvrir d’un A cerclé la croix celtique dessinée sur l’un des piliers de la terrasse extérieure du restaurant autoroutier par quelque faf de passage. Et c’est reparti.

Le compteur affiche 170 km/h, et le doux tintement des capsules de Kékène qui sautent accompagne (presque) en rythme les sons du suprême NTM, de Hugo TSR et autre MC Circulaire. L’assistance est vigilante, et saura prévenir à chaque fois en temps et en heure le pilote de la présence de radars, histoire que les seuls flashes dont nous ayons à nous préoccuper au cours du voyage soient ceux estampillés Label 5, et non ceux du ministère de l’intérieur. L’ambiance à bord commence à vraiment monter, et si on s’interroge sur l’accueil qui nous sera réservé à l’arrivée, rien ne semble pouvoir porter atteinte à la bonne humeur des voyageurs.
Après la seconde pause, le brouillard s’est définitivement levé, et les derniers kilomètres, parcourus sous un éblouissant soleil d’hiver, seront avalés par les 275 chevaux de notre véhicule comme une mouche par un crapaud.

Et c’est l’arrivée à Forbach. Dans le centre-ville, la municipale est présente un peu partout, non pas pour le match, mais pour sécuriser la traditionnelle course des Pères-Noël, événement très fédérateur dans cette région sinistrée par le chômage de longue durée et l’ennui qui va avec. Une fois la voiture garée sur le parking réservé aux supporters visiteurs, et après avoir revêtu écharpes et maillots du Red, nous remontons à pied la rue Maurice Barrès (sic) qui mène au très champêtre stade du Schlossberg. L’entrée se fait dans le calme, d’autant que le guichetier ne fait pas trop d’histoires quand on lui indique que nous sommes des étudiants (v’là la gueule des étudiants!), et que nous exigeons de payer le tarif qui va avec notre statut (6 euros quand même, au lieu de 10).

Si la petite tribune du stade est relativement bien garnie, les moins fortunés des supporters locaux ont opté pour une solutions atypique: ils se sont installés sur la colline boisée qui fait face au stade pour suivre le match. Au bout de la tribune, un espace a été réservé à la trentaine de supporters du Red Star ayant fait le déplacement. En arrivant au pied de celle-ci, on reconnait des têtes familières et le coup d’envoi ne tarde pas à être sifflé, alors que retentissent les premiers chants à la gloire des verts et blancs.
Puis, peu à peu, le froid glacial, le mutisme des supporters locaux, la (très) faible qualité du match (joué sur un authentique champ de patates) aidant, et malgré nos efforts, force est de constater que l’ambiance est quelque peu retombée. Contrôles ratés, relances hasardeuses, passes en retrait mal assurées, on ne peut pas dire que le Red régale en cette première mi-temps et même le but de Bellion à la 26ème fera l’effet d’un feu de paille. Malgré un score de 1-0 à la mi-temps, le match commence à ressembler à un traquenard, comme la coupe de France en offre chaque année. Le temps d’avaler un verre de vin chaud et un sandwich à la saucisse blanche, et c’est reparti pour la seconde période.
On prend les mêmes et on recommence: passes de cinq mètres loupées, faux rebonds, contrôles américains, manque d’impact à la retombée du ballon, contres défavorables, les joueurs font usage de toute la palette du football-gag. En tribune, on ne peut pas non plus dire qu’on fait le maximum pour pousser les nôtres, et, conscients de notre défaillance, on se met d’accord pour faire un dernier gros 1/4 d’heure. Pari gagnant, puisqu’à la 84ème Fournier double le score, avant que Bouazza n’enfonce le clou à la 89ème. Bien que les deux buts ressemblent davantage à des coups de flipper qu’à du football, l’explosion de joie est bien réelle, et pendant que certains tombent la chemise, d’autres craquent un fumi. Le résultat est acquis, et nos joueurs viennent nous saluer après avoir réservé la traditionnelle haie d’honneur aux vaincus.
Puis avant de quitter le stade et de reprendre la route, on aura le temps, autour d’un ultime verre de vin chaud, de taper la discute avec les autochtones, qui, loin des sales fafs qu’on avait imaginé, ont su se montrer plutôt sympathiques et accueillants. Quand l’un refait le match d’il y a trois ans, l’autre nous raconte un Forbach-Red Star de deuxième division auquel son frère aurait participé en 1958, pendant qu’un troisième nous décrit par le menu les déboires de l’US Forbach qui joue le maintien en CFA 2. On se serre la main, distribue deux ou trois tapes dans le dos, et on se dit à la prochaine. On n’oubliera pas cette chouette journée… pas avant le prochain tour !

Alexis

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